02 septembre 2009
La pierre d'alun
La "pierre d'Alun", déjà, c'est un joli nom.
En plus, c'est joliment emballé.
Et puis la pierre en elle-même est chouette aussi. Ça ressemble à une pierre de sel, mais transparente.
J'ai payé la mienne 9 euros, elle est vendue pour durer deux ans. Mon déo dure 3 mois et coûte presque la moitié du prix, le calcul est donc simple.
Ah, oui : la pierre d'Alun remplace le bon vieux déo.
Pourquoi c'est mieux ?
Parce que c'est complètement naturel, et que c'est pas agressif pour la peau.
Et ça sent bon ?
Nan. Ça sent pas bon. Ça sent rien.
Et tu pues pas de d'sous les bras, après ta montée de Montjuic à vélo ?
Non plus. La pierre d'Alun elle sert pas à ce que tu sentes bon, mais à ce que tu ne sentes pas.
Et t'as pas d'auréoles sous les bras ?
Si. Parce qu'elle n'empêche pas le processus de transpiration, elle. Elle empêche juste que ça sente pas bon (je vous l'ai déjà dit, il me semble - faites-moi signe si je me répète !)
Enfin bon, voilà quoi. Adjugé, vendu.
26 août 2009
Sylvain et l'immensité du monde
Voilà.
Ça fait un bail que je n'ai plus écrit par ici, et je m'y remets suite à la lecture de ce petit bouquin de Sylvain Tesson, intitulé "Petit traité sur l'immensité du monde".
Sylvain Tesson, je ne le connaissais pas. Ni lui, ni ses voyages, ni ses livres. Il fait partie de ces gens, comme l'ami Théodore Monod, qui donnent l'envie soudaine de prendre un bâton et de se (re)mettre à marcher droit devant soi. Il fait partie de ces gens, donc, qui n'ont ni conjoint ni enfant, ou qui prennent l'option de les laisser derrière eux quelques mois durant - le temps d'une expédition à l'autre bout du monde, si tant est que le monde ait deux bouts.
Le bouquin est petit. 167 pages format livre de poche, il se lit vite et bien. L'écriture est agréable, quoique trop poétique à mon goût et avec un étalage de culture que je trouve un poil irritant. Mais les pensées et réflexions de Sylvain (Ben quoi ? Pourquoi que je pourrais pas l'appeler par son p'tit nom, hein ?) sont intéressantes, et celui qui dans sa vie aura fait un voyage au long cours pourra y retrouver des expériences vécues - et donc se plonger sans vergogne dans la nostalgie ; ah que c'est bon !!
Ces pensées et réflexions sont celles d'un gars qui voyage, certes, mais surtout qui le fait en prenant le temps de vivre. Qui préfère la marche à la course, pourrait-on dire. Et moi, ça, ça me plaît. Parce que je sais que celui qui sait prendre son plaisir en se déplaçant à vitesse humaine - entre 4 et 6 km/h, grosso modo - revient riche dans le dedans.
On croit, parfois, que quand on va vite on fait plus de choses, qu'on voit plus de paysages. C'est faux. Quand on va vite on ne voit rien, tout juste des cartes postales, quelques photos peut-être qui nous permettrons de nous rappeler un lieu déjà oublié parce que trop vite quitté. La marche, c'est la rencontre avec chaque mètre carré de chemin parcouru. C'est la rencontre avec les files d'insectes qui barrent le chemin. Avec l'arbre tordu, battu par les vents. Avec l'oiseau qui chante à la cîme, qu'on ne voit pas mais qu'on entend. Et j'arrête là, sinon je vais finir par devenir aussi lourdement poétique que Sylvain Tesson.
Autre aspect agréable survenu suite à la lecture de ce livre, c'est l'envie de me remettre à écrire. Chaque jour, quelques phrases jetées sur le papier. Sur le papier ! Combien d'années sans écrire pour de vrai, avec un stylo ?
Chaque jour, dis-je en mentant déjà, imitant en ceci les "résolutionneurs" du premier janvier.
Voilà déjà deux jours que je n'ai rien bafouillé, par simple oubli.
Eh, c'est qu'on ne guérit pas si facilement de l'inconstance !
12 août 2009
Un murmure doux et léger
"David avait achevé de parler à Saül. Et dès lors l'âme de Jonathan fut attachée à l'âme de David, et Jonathan l'aima comme son âme"...
Il est 8h30 et je lis ma Bible. Je suis dans la cuisine, mon petit bout d'homme s'endort tranquillement dans son baby-relax, bercé par le son de ma voix - je lis à voix haute avec cette intention.
Je bois une gorgée d'un café légèrement serré et franchement salutaire - le p'tit, du haut de ses dix mois, ne sait plus ce que veut dire "se lever tard" depuis quelques semaines déjà.
Il ne fait pas chaud. Ça change. Il ne fait pas froid non plus, et ça ça change pas. Barcelone ne semble pas s'être encore tout à fait réveillée. Je suis dans ce genre d'instant où le temps semble comme arrêté, suspendu.
Saül veut faire des misères à David, par jalousie et parce que Dieu lui-même lui a envoyé un mauvais esprit. L'un de ces typiques passages où l'attitude de Dieu parait incompréhensible. Ce genre de passages qui empêche certain de croire, parce qu'il faudrait que tout se puisse comprendre, quand bien même est-on en train de parler de Dieu. On est en occident, et en occident on raisonne. En occident, notre Dieu c'est notre tête, notre logique. Il faut que les choses s'emboîtent parfaitement.
J'accepte le lacher-prise. Je comprends pas, j'accepte. Peut-être Dieu m'éclairera-t-il plus tard, comme il l'a déjà fait pour bien d'autres passages obscures, ou même pour des évènements de ma vie qui m'échappaient. Peut-être aussi qu'il ne le fera pas, et que je ne comprendrais jamais pourquoi il a envoyé un esprit mauvais tourmenter ce pauvre Saül.
Je m'en fout de tout ça. Je suis juste bien, comme l'autre jour avec mes dix minutes de silence. Un moment de sérénité volé à la trépidante marche du monde. Qu'importe le reste !
Saül, mon copain, fout donc la paix à David. Laisse-lui donc ta royauté - à quoi te sert-elle ?
Toi, prend ton bâton, va élever des chèvres dans le Larzac. Tu vivras mieux et plus à l'aise. A l'ombre d'un arbre. Viens goûter le plaisir du silence.
Quand il n'y a plus aucun bruit, quand tout s'éteint, quand tout est dépouillé, alors il ne reste que la présence tranquille de Dieu.
L'Éternel dit : Sors, et tiens-toi dans la montagne devant l'Éternel ! Et voici, l'Éternel passa.
Et devant l'Éternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers : l'Éternel n'était pas dans le vent.
Et après le vent, ce fut un tremblement de terre : l'Éternel n'était pas dans le tremblement de terre.
Et après le tremblement de terre, un feu : l'Éternel n'était pas dans le feu.
Et après le feu, un murmure doux et léger. Quand Élie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne. Et voici, une voix lui fit entendre ces paroles: Que fais-tu ici, Élie ?
Il faut faire taire le bruit qui est en nous ; Dieu se tient dans le murmure doux et léger. Peut-être parce que c'est l'endroit le plus doux, le plus agréable, le plus reposant. C'est en tout cas celui où je me sens le mieux, buvant ma tasse de café, regardant mon petit bout d'homme s'endormir, et lisant ma Bible à voix haute...
05 août 2009
Eloge du silence
J'ai eu droit à un instant de doux répit.
Plein centre ville, et pourtant, l'espace d'une dizaine de minutes, il n'y a pas eu d'autre bruit que celui, lointain, de petites clochettes bousculées par la brise. Mon petit bout d'homme fait la sieste, il fait chaud comme un été en Espagne, et j'ai apprécié ce silence relatif.
Les travaux du voisin ont repris. Des voix s'élèvent. La pause est finie, il est trois heures de l'après-midi. Déjà, la perçeuse...
Deux étages plus bas, un autre à la voix grave semble se facher avec sa femme. Au dessus, des rires.
J'entend toujours, de plus en plus lointaines, les clochettes.
Le quartier est rempli de bruits étranges, plus ou moins sympathiques. Hier j'entendais une chanteuse d'opéra faire ses vocalises. Ce matin, c'était une voisine qui, recevant son compagnon, faisait aussi ses vocalises toutes fenêtres ouvertes. Régulièrement, au rez-de-chaussée, un homme semble crier sur sa femme. Elle, on ne l'entend pas, jamais. Souvent, il y a le camion des poubelles, les klaxons de voiture, les sirènes d'ambulance et de la police. Parfois, un jeune avec la musique à fond les ballons. Une harley qui démarre au feu rouge.
La ville, quoi.
Et de temps en temps, un petit miracle : le silence. Et les clochettes.
30 juillet 2009
De retour de vacances
Voilà, ça y est, on est revenu de notre périple en France et c'était vachement bien.
J'en ai profité pour faire un petit stock de cristaux de soude puisque y'a pas moyen d'en trouver ici à Barcelone (rappelez-vous, j'en cherchais partout pour l'utiliser en remplacement de l'anticalcaire dans ma machine à laver). Les 2.8kg m'ont coûtés 11.20€.
Pour une machine, il en faut environ 100gr, ce qui revient à 40cts.
Damned ! Plus cher, donc, que l'anticalcaire du commerce qui me revient à 30cts !
Plus cher, mais plus écolo. Et puis ça amène le prix de revient d'une lessive à 61cts tous produits compris. Il faut que je trouve le temps de comparer avec les produits classiques. A mon avis c'est kif-kif, plus ou moins.
A part ça, dans les nouveautés j'ai aussi testé un liquide vaisselle maison, toujours en suivant les excellents conseils du blog de Raffa.
Je ne vous donne pas la recette, vous la trouverez en suivant le lien. Simplement un complément d'ordre financier celui-là. Le liquide vaisselle que j'utilisais d'habitude me coûtait 1.65€ le litre.
Comparons avec le liquide vaisselle de Raffa :
- Liquide vaisselle bio X 1 litre : 3.71€, soit 74.2cts la dose nécessaire pour un litre de "LV Raffa"
- Bicarbonate de soude : ça coûte 95cts le kilo, il en faut deux cuillères à café pour un litre... comptons large, disons que ça fait 8 grammes, on arrive à un prix de revient de 0.76cts.
- Jus de citron bio X 200ml : 1.34€. Disons que deux cuillères à soupe font 8ml: Prix de revient : 5.36cts.
- Huile essentielle citron X 10ml : 5.40€. On va dire que 30 gouttes font 2ml. Prix de revient :1.08€
Prix de revient d'un litre de "liquide vaisselle Raffa" : 1.88€
Soit 23cts plus cher que mon ancien liquide vaisselle, mais celui-ci est complètement écolo. Mon avis c'est que la différence de prix n'est pas suffisamment significative pour s'en priver.
Si l'idée est simplement de faire des économies, alors il suffit de remplacer le bio par du pas bio... mais ce serait dommage, non ?
10 juillet 2009
15 jours dans le Gard
Le choc va être rude, mais tellement bon ! De 3 millions d'habitants on va passer d'un coup à 260. Voilà ce que j'appelle des vacances !
On va à Courry, dans le Gard. On n'a pas vraiment regardé les visites éventuelles à faire dans le coin, mais j'ai quand même repéré cette grotte ; on ira probablement y faire un tour, il parait que marcher dans la grotte ça porte bonheur, surtout du pied gauche.
A part ça le programme est simple : s'allonger dans l'herbe, bailler, regarder l'eau passer dans la rivière, écouter les oiseaux et le vent dans les arbres, se taire, se balader un peu, jouer dans l'eau avec le petit bout d'homme, lui montrer ce que c'est qu'une poule.
Et puis aussi "voir en vrai" ce que c'est qu'une maison bioclimatique - c'est là-dedans qu'on sera logé - même si je m'en fait une idée plus précise depuis la visite de ce blog. Y'en a qu'ont du courage, c'est moi qui vous le dit (et alors, hein, si c'est moi qui vous l'dit, vous pouvez me croire).
A dans 15 jours !
09 juillet 2009
Il pleut, bergère...
... rentre ton maillot à pois !
Le Tour de France c'est un peu comme le Paris-Dakar, qui ne commence plus à Paris et ne finit plus à Dakar. Le Tour de France passe donc évidemment par l'Espagne ; c'est juste un p'tit détour histoire de voir un peu le soleil, quoi.
Sauf que de soleil, aujourd'hui, y'en a point. En fait ça fait un bail que j'avais pas vu pleuvoir comme ça.
Tout de même, ce qui me fait plaisir, c'est que eux aussi ils vont la monter, la coline de Montjuic !
08 juillet 2009
La face cachée de Montjuic
Il a fallu suer, mais ça valait la peine.
J'ai six ans et je découvre le plaisir de me déplacer à vélo. Vingt-cinq ans plus tard, je redécouvre le fil à couper le beurre : j'y pousse, sur ces foutues pédales, et il avance, ce sacré vélo. C'est une vieille croûte, mais j'ai investi dans des freins flambant neufs qui me donnent un confort tout nouveau : celui de pouvoir m'arrêter !
Hier donc, rebelotte avec la coline de Montjuic. Je croyais être monté tout en haut la dernière fois, mais non ! Le plus beau était encore à venir. C'est un endroit précieux que celui-là dans Barcelone, au moins pour une raison : on ne peut pas y accéder sans effort.
A pied, il faut marcher un bon moment. En voiture on pourrait sans doute s'en approcher, mais il resterait de toute façon de la marche, et il faut grimper.
Le touriste moyen, à Barcelone, vient pour le
trio plage-soleil-bière et tapas. Et pour les gonzesses aussi, et la fête jusqu'au petit matin. Les plus âgés viennent voir Gaudi et les vieilles ruelles pleines de charme. Montjuic aussi, mais le bas : la fontaine colorée qui danse en musique, c'est suffisant. Pour le reste, faut grimper, c'est usant, et on n'est pas venu en
vacances pour s'user, hein !
Du coup, en haut, c'est extra. Deux ou trois perdus se promènent, quelques-uns courent, d'autres tirent à l'arc, le tout dans un très joli cadre médiéval. Car en haut, c'est les remparts,
avec vue sur la méditerrannée. C'est calme, rempli de pins qui sentent bon le bord de mer.
Le seul hic, c'est le port, là, juste à nos pieds. Même s'il est impressionnant à regarder avec ses énormes bateaux qui viennent se charger de containers, il n'en est pas moins moche ! Et puis, au fond, ce nouvel hôtel de luxe nous
rappelle que ce qui compte en premier, ici comme ailleurs, c'est le business.
J'ai sué, et c'était bon. La vie en ville est trop propre pour les pantalons, et pas assez pour les poumons.
J'étais en nage arrivé là-haut, mais pas à bout de souffle. J'étais bien, en paix. Il y a des moments comme ça où tout semble être à sa juste place. J'ai profité du calme, et puis je me suis laissé glissé le long de la pente, jusqu'en bas, jusqu'à la maison, avec comme compagnons le vent dans les cheveux, l'air frais sur le visage et le cliquetis tranquille du pédalier.
Moi je dis que les touristes ont bien raison de ne pas y monter, sur la coline de Montjuic.
06 juillet 2009
Plus de lingettes pour les p'tits culs
J'ai presque honte de le dire, mais j'imagine que si je le faisais, d'autres le font aussi : j'ai nettoyé pendant des mois l'arrière-train de mon petit bout d'homme à la lingette jetable.
Comme tout bon mââle qui se respecte, je vais tenter de dire que c'était pas ma faute. A la maternité ils faisaient comme ça. Et comme c'est mon tout premier, moi, je suis les valeurs sûres : s'ils le font, c'est que ça doit être ce qu'il y a de meilleur. Allez hop, je fais pareil !
Et puis un jour, j'me suis dit : "Et puis quoi ? Et si je lui lavais le cul au savon et à l'eau, à mon p'tit bout d'homme ?"
Ayant pleine conscience de la découverte historique que je venais de faire, v'là-t-y pas que je passe direct à l'action. J'achète une éponge douce, je rempli d'eau un tupperware, j'y ajoute une giclée de savon pour bébé, et je m'y mets (les connaisseurs auront reconnu le "y" auvergnat, posé à toutes les sauces, c'est moi que j't'y dit !).
Résultat :
1) Avec un minimum de six lingettes par jour utilisées, voilà 2190 lingettes jetées en moins dans la poubelle chaque année, soit 27 paquets de 80. Je sais plus à quel prix sont les lingettes, mais ça doit faire une petite économie quand même. Update du 05/08/09 : les lingettes reviennent à 2.75€ les 240 unités, soit 1.15cts la lingette. En gros ça fait 25 euros par an.
2) Le petit bout d'homme n'a jamais été très sujet aux irritations, mais ça pouvait lui arriver de temps en temps. Depuis ce changement d'habitude je n'ai plus vu apparaitre de rougeurs. J'ai donc aussi arrêté la pâte à l'eau (désolé si la traduction n'est pas correcte, ici on dit "pasta de agua") qui coûte tout de même 7.50€ le tube.
3) Il me parait assez clair que du point de vue de l'hygiène, y'a pas photo.
Alors, elle est pas chouette ma découverte du siècle ? Vous croyez que je devrais la faire breveter ? :)
03 juillet 2009
La lessive aux coques de noix de lavage
Autre tentative dans le monde du "je tente de moins pourrir la planète" : j'ai testé pour vous (oh le menteur : j'ai testé pour moi !) la lessive aux coques de noix de lavage.
D'abord - et comme d'hab' - je n'ai rien inventé, mais alors rien de rien. Pour moi, le must du must en matière d'infos sur les produits écolos, en français et sur internet, reste le site de "Raffa, le Grand Ménage", un site qu'il est tout bonnement hallucinant. C'est donc chez elle (et plus précisément ici) que j'ai puisé mon inspiration. Le site de Raffa, c'est une foultitude (j'adore ce mot) d'infos théoriques et pratiques sur les produits ménagers bios, la manière de les fabriquer soi-même, comment ils fonctionnent, et aussi tout un tas d'infos sur les produits ménagers courants et la pollution qu'ils génèrent. Bref, c'est génial, on s'y perdrait.
L'une des choses que l'on y apprend, c'est que les coques de noix de lavage à elle-seules ne sont pas aussi efficaces qu'une lessive du commerce (bon, on s'en doutait un peu, mais c'est bien de le dire : ça démontre de l'honnêté intellectuelle de celui qui n'est pas en train d'essayer de vous vendre un truc) ; il est donc nécessaire d'y ajouter d'autres produits, évidemment tous aussi naturels les uns que les autres. Par ailleurs Raffa conseille d'utiliser des détachants avant lavage pour les taches spécifiques. En particulier, elle parle pas mal du savon noir.
Je vais donc commencer par vous expliquer comment je fais une lessive :
- Pour 5 kilos de linge couleur, je mets environ 8 coques de noix de lavage. On peut mettre moins si on a une eau peu dure. A Barcelone, elle n'est pas dure, elle est béton, j'ai jamais vu une eau aussi calcaire de ma vie ! Les coques peuvent servir pour deux lavages.
- En remplacement de l'adoucissant, je mets du vinaigre (deux bouchons) ; c'est anti-calcaire et si j'ai bien tout lu Freud, c'est précisément pour ça que ça adoucit. Attention toutefois, il parait qu'à haute dose ça peut finir par abimer les élastiques de mauvaise qualité de certains vêtements et déformer certaines fibres synthétiques. Le vinaigre préconisé est le vinaigre blanc. Comme il est introuvable à Barcelone, j'y mets du vinaigre de vin blanc, ça marche aussi.
- Dans le bac lessive, je mets trois cuillères à soupe de bicarbonate de soude. Ca permet d'adoucir l'eau et donc d'améliorer l'action du savon contenu dans les noix.
- Pour bien faire, il faudrait mettre 150ml de cristaux de soude directement dans le tambour (et attention à ne pas confondre avec la soude caustique !), également pour son action anticalcaire. A barcelone je n'ai toujours pas réussi à en trouver, si bien que je continue avec mon anticalcaire du commerce.
- Dans le tambour toujours, je glisse 12 balles de golf qui battent le linge.
- Et enfin, pour que ça sente bon, je mets 30 gouttes d'huile essentielle de lavande dans l'eau de rinçage.
Pour le linge blanc, il faut remplacer le bicarbonate par du percarbonate de sodium. Pour plus d'info sur le pourquoi, allez donc visiter le blog de Raffa qui le mérite bien.
Quelques remarques plus ou moins importantes :
- Non, votre linge ne pue pas le vinaigre après un tel traitement. Il sent bon.
- Non, l'huile essentielle n'est pas indispensable. D'ailleurs je pense que je vais arrêter d'en mettre parce que j'ai quand même payé ça 7.50€ les 10ml, et que 30 gouttes ça fait un peu.
- Non, les balles de golf n'abiment pas la machine. Il faut les répartir dans le linge pour qu'elles ne se retrouvent pas toutes du même côté, c'est la seule contrainte.
- Non, les ingrédients ne sont pas durs à trouver. Le bicarbonate, les cristaux de soude et le vinaigre blanc se trouvent en supermarché, les coques de noix de lavage en magasin bio ou sur internet, le percarbonate je l'ai vu aussi en supermarché et en magasin bio.
Combien que ça coûte ton affaire ?
- Les coques, je les ai payées 12 euros le kilo ; 8 coques pèsent 20gr, on peut les utiliser deux fois, ce qui permet donc d'envisager sereinement 100 lessives. Soit 0.12€ par lessive.
- Les cristaux de soude, je ne sais pas combien ça coûte mais à mon avis ça va pas chercher loin. Mon anticalcaire me revient à environ 0.3€ par lessive (le salaud !) ==> Update ici
- Le bicarbonate, je l'ai payé 0.95€ le kilo. A la louche, disons qu'on met 20gr par lessive, cela revient à 0.02€ par lessive.
- Le percarbonate, 3.70€ les 500gr mais je pense qu'on peut trouver moins cher.
- Les balles de golf (réutilisables un nombre de fois que je suppose important !) m'ont coûtée 6.95€ les 20.Allez, mettons qu'elles servent elles aussi pour 100 lessives, ça nous revient à 0.07€ par lessive.
Dans mon cas, une lessive couleur (sachant que je n'ai pas pu remplacer l'anticalcaire et que c'est ce qui me coûte le plus cher !), me revient donc à 0.51€, tous produits compris. J'ai pas comparé avec les produits du commerce (j'updaterai si je me décide un jour à le faire), mais à la louche ça ne me parait - au minimum - pas plus cher. Et c'est franchement mieux du point de vue écolo.
A ben tiens, parlons-en, du point de vue écolo : et le transport pour les faire venir de l'himalaya, c'est écolo peut-être ?
Nan, pas vraiment. Mais l'unique autre option que je connaisse est de fabriquer sa lessive soi-même, à base de copeaux de savon de marseille. Or :
1) Le savon de marseille est fabriqué avec de l'huile de palme, qui cause des problèmes de déforestation et de disparition d'espèces menacées
2) J'ai lu plusieurs témoignages de personnes disant qu'ils avaient encrassé leur machine à laver avec ce système
3) Les arbres qui fournissent les noix de lavage peuvent s'adapter à notre climat, il serait donc possible d'en faire pousser ici.
4) Si on venait à en faire une culture intensive, ça pourrait apparemment créer des problèmes écologiques. Mais avant qu'on en vienne à de l'intensif il aura passé de l'eau sous les ponts...
Il existe aussi une boule qui permettrait de laver son linge sans lessive. J'arrive pas à être convaincu par les explications du phénomène, donc pour l'instant j'écarte l'option.
Et t'es content du résultat ?
Pour le linge normalement sale, c'est très suffisant. Pour les tâches plus importantes, il faut détacher avant lavage. Le savon noir à l'air de fonctionner dans pas mal de situations. Mais de toutes façons chez moi y'a pas de tâches plus importantes :)
Voili voilu, il me semble avoir à peu près fait la question. Pour approfondir le thème, n'hésitez pas à vous reporter au blog de Raffa.


